Incontestablement, l’année 2020 a été marquée de façon indélébile par la crise sanitaire du coronavirus. Mais, les acteurs de l’énergie s’en souviendront aussi parce qu’elle a vu notamment l’essor des énergies renouvelables, particulièrement de l’hydrogène.

À cause de la pandémie du nouveau coronavirus, de nombreux groupes énergétiques ont dû stopper leurs centrales nucléaires pour économiser du combustible ou couper dans le budget pour faire face à une crise mondiale de surproduction pétrolière.

A l’inverse, cette crise sanitaire a propulsé les énergies renouvelables, alors que la prise de conscience écologique s’intensifiait. Les gouvernements ont ainsi été contraints d’accélérer leur transition énergétique en s’appropriant enfin l’hydrogène vert, plus vertueux que le gris, le bleu ou le turquoise.

L’Allemagne notamment a annoncé en juin qu’elle allait investir 9 des 130 milliards d’euros de son plan de relance dans le développement de cette technologie. Elle souhaite en devenir numéro Un d’ici 2040. 

Les plus gros pollueurs dans la course à l’hydrogène 

De son côté, la France a présenté un plan à 7,2 milliards d’euros d’ici à 2030 (dont 2 milliards entre 2020 et 2022) pour le développement d’une production d’hydrogène « vert » rentable. Quant au Canada, il a lancé en décembre sa Stratégie pour l’hydrogène, un cadre ambitieux qui vise à faire du pays, un chef de file mondial de cette ressource d’ici 2050.

Ce plan s’appuie sur un investissement fédéral de 1,5 milliard de dollars en faveur des combustibles à émissions nulles en carbone. Outre ces pays, l’hydrogène se fait une place dans les politiques énergétiques des autres puissances économiques pour les 30 prochaines années.

C’est le cas du Japon, de l’Australie et surtout des deux plus gros pollueurs au monde que sont les Etats Unis et la Chine.

« Cela peut être une solution pour électrifier presque toute l’Afrique »

En Afrique aussi, on est engagé dans la transition énergétique, mais avec plus d’audace. En effet,au Mali, un entrepreneur du nomd’Aliou Diallo a décidé de promouvoir l’hydrogène naturel, meilleur que l’hydrogène vert. Son entreprise Hydroma exploite cette ressource dans le village de Bourakébougou depuis 2010.

Elle produit de l’électricité propre distribuée gratuitement à la population locale. Après cette phase de test réussi, Aliou Diallo a lancé en 2020 la production industrielle de son hydrogène et surtout annoncé un partenariat avec une société bavaroise pour le transport de cette ressource dans les pays africains. 

« Cela peut être une solution énergétique mixte pour électrifier presque toute l’Afrique et donner de l’électricité aux 621 millions d’Africains qui n’en ont pas », a-t-il laissé entendre récemment dans une interview accordé à la chaîne Africable Télévision. 

Un pipeline pour approvisionner l’Europe 

Le milliardaire malien veut également construire un pipeline dans le Sahel afin de transporter son hydrogène sous forme liquide ou en ammoniac.

« Nous avons programmé de faire un pipeline pour transporter l’hydrogène naturel du Mali au Sénégal, à la Mauritanie, au Maroc, jusqu’à la porte de l’Europe. Donc ça fait 4700 kilomètres. Ce n’est pas un rêve, c’est une réalisation tout à fait faisable. L’Europe même est en train de construire 23.000 kilomètres de pipeline pour le transport de l’hydrogène. Là ils vont transporter un kilo d’hydrogène sur 2500 kilomètres, environ 0,20 cent le kilo. Nous avec moins de 5000 kilomètres de pipeline, nous pouvons transporter de l’hydrogène à moins de 0,50 cent de l’Euro. Ce qui peut nous permettre d’envoyer notre hydrogène sur le marché européen, tout en restant compétitif par rapport à l’hydrogène vert sur le marché européen aujourd’hui », a précisé le PDG d’Hydroma.

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